Lalibre.be

états-unis

Une ville en campagne
DAVID BENAYM

Publié et Mis en ligne le 28/07/2004
- - - - - - - - - - - 

Dans une Boston entièrement acquise à la cause démocrate, John Kerry doit recevoir l'investiture de son parti.
Délégués, supporters et médias ont envahi la ville.
Personne ne veut manquer le sacre de l'enfant du pays.

EPA

AMBIANCE

CORRESPONDANCE PARTICULIÈRE À BOSTON

«Ça n'arrive qu'une fois dans une vie.» C'est ainsi qu'Alicia, 28 ans, volontaire bostonienne de naissance, définit son expérience de l'été 2004. La convention démocrate est en place depuis quelques jours et les bénévoles sont toujours aussi enthousiastes. Boston est une petite ville où il fait bon vivre. Alors, voir débarquer plus de 50000 personnes entre les participants, les journalistes et la police, ça fait du changement.

Les rues sont habillées aux couleurs du «Stars and stripes», rouge blanc et bleu, bannières, drapeaux, affiches, l'attirail du parfait militant est à la portée de tous. Enfin, à la portée de tous les portefeuilles. Pour pouvoir s'habiller «démocrate», chemisette, casquette, tee-shirt, il faut sortir les dollars. Le marketing politique est bien rodé. Les stands, installés au coin de chaque rue susceptible de voir passer un délégué politique, fournissent badges, autocollants, tasses de café à l'effigie des stars de la semaine: John Kerry et John Edwards. Les échoppes sont toutes décorées pour plaire aux participants de ce carnaval politique.

Chaque habitant est un supporter potentiel. L'atmosphère est à l'accueil et au renseignement. Si le badaud semble perdu dans les rues historiques de Boston, le bon samaritain local se fait un plaisir, plan de la ville en main, d'aider l'âme perdue en quête d'un président démocrate. L'enjeu est de taille puisqu'il s'agit ici de parader pour que l'enfant du pays, John Kerry, atteigne les sommets du pouvoir.

Tour de piste pour Chelsea

Quelques révoltés pourtant sont là pour l'en empêcher. Mais rien de très organisé: difficile de lutter contre John Kerry et le camp démocrate lorsque tout le monde se prépare à envahir New York le mois prochain afin de démettre George W. Bush de son poste.

Chaque jour voit son lot de manifestations aux thèmes les plus controversés. «Les milliardaires pour Bush», manière ironique de défendre les moins aisés. Certains défilés, jamais très importants, sont pourtant plus déstabilisants. Homophobes, militants anti-avortement, protestataires anarchistes, les sujets de la ligne libérale sont mis à mal par des noyaux extrémistes parqués dans une «cage aux manifs». «Beaucoup de bruit pour rien », dit Jimmy Dean, un sexagénaire curieux venu au centre du spectacle.

Les soirées aussi sont très animées, toutes les boîtes de nuit ont été réservées pour les délégués officiels. Le Human Right Campaign, qui lutte contre les inégalités sexuelles, s'est payé le luxe de la boîte la plus en vogue de la ville: l'Avalon, qui rassemble tout ce qu'il y a de jeune et de branché. Musique techno, concerts millimétrés, tout est prétexte à la fête. Quelques stars font un tour de piste pour être vues, Hillary et Chelsea Clinton ou encore l'acteur Ben Affleck. Le spectacle médiatique est en marche. Prochain round? Dans un mois à Manhattan avec la convention républicaine...

© La Libre Belgique 2004

Retour au sommaire des articles