La Passion de Moore

26 mai 2004

 

New York, David Benaym

 

Rien de tel qu’une bonne polémique pour lancer un film en salle aux Etats-Unis. Vu comme un pamphlet de gauche, Fahrenheit 911 n’a pas encore de date de distribution officielle outre-atlantique. La palme d’or reçu à Cannes ne fait qu’attiser les convoitises.

 

Il y a quelques mois, La passion du Christ de Mel Gibson faisait la Une pour ses penchant extrémiste, et l’auto distribution à succès mise en place par son réalisateur. Ici on parle d’avantage d’outrage à gauche avec le documentaire politiquement incorrect de Michael Moore. Malgré son Oscar pour Bowling for Colombine, Moore est loin de faire l’unanimité aux Etats-Unis. Considéré comme un « clown de gauche », pour le New York Post, ses propos ne sont pas pris au sérieux, même par les anti-Bush. Les américains ne veulent pas d’un porte parole qui manque de crédibilité. Habitué des plateaux télé à polémique, Moore représente plus l’extrémisme gaucho que la voix de la raison. Les Démocrates préfèrent - coté people - les Susan Sarandon et Tim Robbins, plus présentables aux yeux du grand publique. C’est que Moore ne soutient pas John Kerry, il est juste « anti-Bush ».

 

Pourtant la presse US souligne le courage de son réalisateur.  La très à droite Houston Chronicle souligne que « le documentaire contient des images que la presse audiovisuelle n’a pas osé montré. Les évidences concernant les relations entre les familles Bush et le pouvoir Saoudien sont déstabilisant. »

 

Mais au delà du fond, c’est la distribution qui pose réellement problème. Avant son succès à Cannes, Walt Disney Co annonçait son refus de distribuer un film politique, pendant que Miramax, co-producteur du film se battait pour que le documentaire fasse son apparition en salle avant l’élection présidentielle de novembre prochain. Mel Gibson,  producteur de Fahrenheit 911 à l’origine du projet via Icon Productions a bien failli faire le bonheur de Michael Moore avec son réseau de distribution qui a fait le succès de la Passion… Les extrêmes auraient pu faire bon ménage et un super coup médiatique.

 

DB

Retour au sommaire des articles