Lalibre.be

Etats-Unis

Kerry, prêt à servir sa nation «par devoir»
DAVID BENAYM

Mis en ligne le 30/07/2004 - Publié le 31/07/04
- - - - - - - - - - - 

John Kerry, homme remonté mais manquant encore de panache, a tenu un discours à gauche.
A la convention démocrate succédera la républicaine.

 

AP

CORRESPONDANCE PARTICULIÈRE À BOSTON

Help is on the way», a martelé John Kerry jeudi soir lors de son discours d'investiture à la course à la Maison-Blanche. «La relève est en route», assurait le candidat démocrate en promesse à l'Amérique et en défi à son rival George W. Bush.

Devant un parterre de 5.000 personnes tout acquis à sa cause dans le dôme sportif du Fleet Center de Boston, John Kerry a prononcé les mots les plus importants de sa carrière politique. Plus de 30 millions de téléspectateurs étaient présents devant leur poste lorsque le sénateur du Massachusetts a fait son entrée sous les acclamations des délégués. Après les avoir salués avec chaleur, il s'est tourné vers la foule et, ébauchant un salut militaire, il a lancé: «Je suis John Kerry et je suis prêt pour le service.» Sous le regard ému de sa femme Teresa et de ses enfants, il a commencé à prendre de l'assurance au fur et à mesure de son discours.

La mise en scène était parfaite pour donner aux yeux de l'Amérique et du monde une crédibilité à ce candidat brillant mais souvent monotone dans son phrasé.

L'accent a été mis sur ses capacités de chef, son courage et son sens du devoir pendant la guerre du Vietnam. Entre guerre et paix, John Kerry s'est positionné clairement en promettant de redresser le prestige des Etats-Unis et de ne les engager dans un conflit «qu'en cas de menace réelle et imminente».

Et Kerry d'affirmer également sa fermeté face aux carences mises en exergue par la commission du 11 septembre. «En tant que Président, je poserai des questions pointues et j'exigerai des preuves solides. Je réformerai immédiatement les services de renseignements, de sorte que la politique soit guidée par des faits, et que les faits ne soient jamais dénaturés par la politique.»

Un plan pour l'Amérique

Alors que les délégués clament à tout va «Kerry, Kerry, Kerry !», les banderoles distribuées par les organisateurs de campagne se dressent comme une hola aux couleurs du drapeau américain. L'écran géant qui trône derrière fait le relais du discours du candidat qui enchaîne sur son plan pour l'avenir des Etats-Unis. «Voici notre plan économique: construire une Amérique plus forte, revitaliser l'industrie avec de nouvelles initiatives, investir dans la technologie et l'innovation pour créer des emplois bien payés, suspendre les exonérations d'impôts récompensant les sociétés délocalisant. A la place nous récompenserons ceux qui créent des emplois bien payés. Je réduirai les impôts des classes moyennes.» C'est le discours le plus à gauche prononcé par un candidat investi à l'élection présidentielle américaine. Entre réalisme et démagogie, Kerry a conclu son volet social en promettant qu' «une couverture santé n'est pas un privilège pour les riches, c'est un droit pour tous».

Sous des dizaines de milliers de ballons rouge, blanc et bleu, le couple désormais présidentiable a salué une foule en délire. La convention démocrate n'a révélé pourtant aucune surprise. On attendait un réveil de Kerry sur sa prestance et son charisme, on retrouve finalement un candidat très remonté mais sans le panache qu'on lui espérait. Démarrés en fanfare en début de semaine avec la présence des Clinton et du président Carter, ces quatre jours auront montré un parti démocrate malgré tout revanchard face à George Bush. Le Président, candidat à sa propre succession, sera pour sa part à la fête dès le 30 août à New York avec la version républicaine de ce cirque surorchestré de politique spectacle.

© La Libre Belgique 2004

Retour au sommaire des articles