Le Président à Droite toute (05/09/2004)

L'hôte de la Maison- Blanche radicalise encore un peu plus son discours
 

CORRESPONDANT PARTICULIER AUX ETATS-UNIS,

 

DAVID BENAYM

 

Sur une estrade marquée du sceau de la présidence des Etats-Unis, dans une salle comble entièrement décorée par la bannière étoilée, George W Bush s’est exprimé devant une foule toute acquise à sa cause pour conclure la convention républicaine à New York. . « Je pense que ce pays veut une direction stable, consistante, claire et marquée par des principes et c'est pourquoi, avec votre aide, nous allons remporter cette élection », a-t-il dit. Officiellement candidat à sa propre réélection, Bush a exprimé un programme basé sur ses actifs, sans réelles nouvelles propositions. Marqué par les points habituels de la ligne droitière du parti républicain, son discours était davantage tourné contre John Kerry, son challenger, qu’en faveur de nouvelles initiatives.

 

Réaffirmant ses vues, il s’est de nouveaux exprimé contre l’avortement, pour la peine de mort, contre le droit des gays à s’unir devant la loi, précisant qu’il était le seul candidat conservateur, dans la ligne de son plus populaire prédécesseur, Ronald Reagan.

 

Entre deux salves d’applaudissements, sous les cris de « USA », et de « Four More Years », quatre années de plus, W a défendu sa ligne stricte concernant la baisse des taxes. Proposant de faire des réductions d’impôts son atout majeur pour relancer l’économie américaine, il s’est dit  favorable à « la propriété pour chaque citoyen », suggérant la création d’un plan pour l’assurance maladie pour tous les retraités, annonçant quelques initiatives pour relancer l’éducation pour les plus pauvres, et la création de zones franches pour les couches les plus défavorisées de la population. Bush n’a pas expliqué comment il comptait financer son programme et combler le déficit des Etats-Unis, tout en continuant de baisser les impôts.

 

Justifiant la guerre en Irak, le président Bush à martelé : « Devais-je oublier les leçons du 11 septembre et croire les paroles d'un fou, où devais-je agir pour défendre le pays? Confronté à ce choix, je défendrai l'Amérique à chaque fois ».  Bush a été interrompu à deux reprises pendant son discours sur sa politique internationale par des activistes parvenus à entrer dans le Madison Square Garden. Imperturbable, il a expliqué : « Nous avons combattu les terroristes dans le monde entier, non pas par fierté, non pas par volonté de puissance mais car les vies de nos citoyens sont en jeu ». Et d’affirmer que les Etats-Unis restent  « sur l'offensive à l'étranger, frappant les terroristes à l'étranger pour ne pas avoir à les affronter sur le territoire national ».

 

Concernant  John Kerry, il lui reproche, souvent à juste titre, de s'être montré inconstant dans ses décisions sur la défense nationale. « Mon adversaire et son co-listier ont voté contre cet argent pour acheter des balles, de l'essence, des véhicules et des gilets pare-balles", a accusé M. Bush. « Lorsqu'on lui a demandé d'expliquer son vote, le sénateur Kerry a répondu: "J'ai voté pour les 87 milliards de dollars avant de voter contre". Il a ensuite dit qu'il était "fier" de son vote puis que c'était une "question compliquée" ».

Le président républicain a tenu jeudi à se présenter comme le candidat de la continuité et de la fermeté, rappelant les souffrances morales de son pays après le 11 septembre, et réaffirmant qu’il était l’homme de la situation. Draguant ça et là les ultras de son partis, entre vocabulaire religieux, valeurs familiales et volonté militariste, Bush à pris un virage clairement à droite avant les débats à venir face John Kerry.

 

D. B.
 

© La Dernière Heure 2004 

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